Journaux Canadiens a le plaisir de vous fournir des renseignements sur l’historique des journaux au Canada et à travers le monde.
Mondiale
Le journalisme canadien
Vingtième siècle
Mondiale
L'une des plus anciennes publications pouvant être décrite comme un quotidien fut publiée à Rome autour de l'an 69 av. J.-C. C'était un feuillet primitif appelé Acta Diurna (actes du jour) et décrivant les activités du sénat romain.
Marco Polo, après son voyage en Orient, au XIIIe siècle, revint en Europe avec l'idée d'une «gazette de la cour» que l'on considère aujourd'hui comme le plus ancien journal de l'histoire puisqu'il ne disparut, en Chine, qu'au début du XXe siècle. Le mot «gazette» est d'origine italienne: à Venise, au XVIe siècle, les rapports des nombreuses et fréquentes guerres étaient publiées sur un feuillet pour lequel on payait avec une pièce de monnaie appelée «gazetta». Le nom resta comme description du journal même si la pièce de monnaie a depuis longtemps disparu.
Une autre incarnation ancienne des premiers journaux vit le jour dans les états allemands dans les années 1500. Les Allemands étaient depuis longtemps habitués aux feuillets grand format (une seule page d'information imprimée sur un seul côté), aux pamphlets et aux livres. Puis un jour des feuillets d'information firent leur apparition dans des boutiques spécialisées. On pouvait y lire des renseignements sur une foule de sujets: batailles, désastres, miracles, coronations, etc. Au début du XVIIIe siècle, des journaux plus ou moins réguliers firent leur apparition partout en Europe, souvent grâce à ces Allemands qui voyageaient beaucoup.
En Angleterre, pendant la révolution du XVIIe siècle, les journalistes jouissaient d'une grande liberté qui, bon an mal an, dure depuis 250 ou 300 ans. Les lois sur l'impression, strictes à l'époque, furent relâchées ou simplement retirées, ce qui donna naissance à la tradition anglaise de la liberté de la presse à la suite de la croissance du gouvernement représentatif après 1688.
En Amérique du Nord, c'est dans la colonie de la baie du Massachusetts, en Nouvelle-Angleterre, que la presse américaine naquit dans les années 1630. Puisque les tyrannies de classe, de gouvernement et de religion étaient les principales raisons pour lesquelles la plupart des immigrants avaient élu domicile dans la nouvelle colonie, les premières publications touchaient naturellement ces problèmes. Comme nombre de nouveaux arrivants venaient de la nouvelle classe moyenne anglaise, ils étaient scolarisés et les imprimeurs jouissaient d'une place importante au sein de la collectivité. Mais les journaux étaient concédés et supprimés s'ils avaient le malheur d'irriter les autorités.
Mais ce n'est qu'en 1704 qu'un journal commença à être publié avec succès et régulièrement, soit 80 ans après l'établissement de la colonie. Puis d'autres journaux virent le jour dans les années d'avant la révolution. Ils jouèrent un rôle important dans le combat pour couper les liens avec l'Angleterre. Au fur et à mesure que les avocats et les activistes énonçaient leur doctrine révolutionnaire de vive voix, les imprimeurs et journalistes faisaient de même par écrit.
Puis la presse partisane vit le jour après la révolution américaine. Les groupes d'intérêt politique en vinrent à utiliser la presse pour faire passer leurs idées. Certains groupes commencèrent même à publier leur propres journaux. Les points de vue opposés de Thomas Jefferson et d'Alexander Hamilton en sont un bon exemple.
Puis les rédacteurs et éditeurs décidèrent de regagner leur indépendance. Les journaux offrant un attrait universel et un large éventail de nouvelles politiques semblaient offrir un meilleur rendement. La croissance des coûts d'exploitation et la nécessité grandissante en publicité fit naître la presse à un sou -- des journaux qui, autour de 1833, étaient publiées pour le commun des mortels. De nature sensationnelle au départ, ils devinrent éventuellement plus sobres et plus responsables.
Puis, au fur et à mesure que les journaux devenaient plus grands, la publicité devint une source plus importante de revenus. Par la même occasion, le besoin d'une plus grande indépendance rédactionnelle donna une nouvelle stature aux postes des salles de nouvelles -- les imprimeurs et les éditeurs savaient ce que les lecteurs voulaient voir dans leurs journaux -- de l'information factuelle et d'actualité.
L'arrivée des services de nouvelles qui amassaient et traitaient la nouvelle provenant de partout dans le monde pour la transmettre par télégraphe joua un rôle prépondérant dans l'évolution des journaux.
Créés d'abord à l'échelle nationale puis, plus tard, à l'échelle internationale, les fils de presse amassaient l'information pour la livrer aux journaux abonnés plus rapidement que jamais auparavant. Les lecteurs étaient rapidement mis au courant de ce qui se passait à l'extérieur de leur collectivité.
L'évolution en matière de technologie, d'efficacité et d'idéologie journalistique n'a pas cessé depuis lors.
Dans les derniers vingt ans, la technologie s'est transformée encore plus rapidement et les concepts de télécommunications, de transmission par satellite, de rayons laser, d'écrans cathodiques, de journalisme électronique, de journaux en accès direct, d'Internet, de vidéotex, de journaux télécopiés et de bases de données font maintenant partie du quotidien. L'équipement des années 70 fut remplacé par des écrans cathodiques puis par des ordinateurs qui font la mise en page ce qui a modifié, réorganisé et même fait disparaître certaines des anciennes méthodes.
Le plomb chaud et la linotypie utilisés jusque dans les années 70 cédèrent la place aux ordinateurs qui produisent des films que l'on colle sur les plats des presses. De plus en plus de journaux utilisent l'éditique et créent leur journal tout entier par ordinateur. Les anciens services de clicherie pour les rotatives avec leurs énormes plaques lourdes ont donné lieu aux plaques minces gravés par photo et installées sur des presses à la fine pointe de la technologie.
De nos jours, on peut assembler et imprimer un journal d'envergure nationale dans une ville et le republier simultanément dans d'autres villes du pays.
Le Globe and Mail est un des chefs de file de la technologie moderne. Il est publié à Toronto mais transmet ses pages par satellite à ses usines d'impression dans toutes les grandes villes du pays. Chez nos voisins du Sud, des journaux tels le New York Times, le USA Today ou le Wall Street Journal font de même.
De nos jours, un journal est plus qu'un produit traditionnel sur papier. On peut avoir accès à plus de la moitié des quotidiens canadiens en accès direct, à des services audiotex, à des réseaux de câblodiffusion pour les journaux, aux disques cédérom, aux bases de données de nouvelles et aux services de télécopie sur demande, parmi tant d'autres services. Les compagnies de journaux s'allient aux nouveaux médias pour se diversifier afin de répondre aux exigences croissantes des consommateurs de nouvelles et de publicité.
Le journalisme canadien
La majeure partie de ce qui suit provient du livre «A History of Journalism in Canada» écrit par W. H. Kesterton et publié par McClelland and Stewart Limited en 1967.
Première période - 1752 à 1807
Les journaux arrivèrent au Canada par le biais des colonies de la Nouvelle-Angleterre. Le premier fut The Halifax Gazette, fondé le 23 mars 1752 par John Bushell, un imprimeur de Boston. C'est pendant cette période de 55 ans que les provinces de l'Est du Canada virent l'implantation de leurs premiers journaux y compris The Quebec Gazette dont les racines survivent toujours dans ce que l'on considère comme le plus ancien journal de l'Amérique du Nord, le Telegraph-Chronicle, un hebdo de la ville de Québec.
Les premiers journaux tiraient leurs revenus du gouvernement - ils étaient donc sous le joug des édiles du jour. Ils contenaient principalement des messages du gouvernement et de l'actualité étrangère. Bien que l'actualité arrivait avec des mois de retard, les lecteurs en étaient friands. La publicité était de petites dimensions et peu intéressante - propriétés à vendre, produits dans les magasins généraux, etc. Ces feuillets contenaient rarement plus de quatre pages; ils étaient habituellement publiés une fois par semaine.
Deuxième période - 1807 - 1858
Avec l'arrivée de nouveaux colons en provenance de la Grande-Bretagne et des États-Unis, les journaux prirent de l'ampleur dans les Maritimes et dans le Haut et le Bas Canada. Des rédacteurs en chef autonomes commencèrent à aller chercher des recettes auprès d'annonceurs commerciaux plutôt qu'auprès des gouvernements. Ces rédacteurs en chef étaient habituellement des politiciens et leurs journaux affichaient clairement leur idéologie politique (en y ajoutant les mots «Reform» ou «Tory», par exemple).
En 1835, Joseph Howe entreprit sa propre défense après avoir été amené en cour pour avoir publié une critique virulente de la police et de la magistrature de Halifax dans son journal, le Nova Scotian. Contre toute attente, et contrairement aux conseils du juge présidant, le jury l'acquitta. M. Howe fut ensuite élu à la législature.
Avec l'arrivée de gouvernements responsables, un climat de tolérance intellectuelle et de liberté de la presse vit le jour. Parmi les plus importants journaux du Haut Canada à cette époque, notons The Kingston Gazette, fondé en 1810 par Stephen Miles; The Bytown Packet, établi en 1844 par William Harris (aujourd'hui The Ottawa Citizen); The Toronto Globe, fondé en 1844 par George Brown; et The Colonial Advocate, établi par William Lyon Mackenzie entre 1824 et 1834.
La troisième période - 1858-1900
La colonisation des provinces de l'Ouest y apporta les journaux dans son sillage. La découverte de filons d'or entre 1856 et 1858 amena de nouveaux venus vers la côte Ouest du pacifique alors que la loi agraire de 1872, l'ouverture du chemin de fer Canadien Pacifique et la création de variétés de blé plus résistantes aux climats froids attira de nombreux colons vers les provinces des Prairies.
La population s'intéressait aux affaires domestiques (Louis Riel et sa rébellion, la Confédération), et à l'actualité étrangère. C'est à cette époque que les illustrations, principalement des dessins au trait, firent leur apparition.
A l'est, plus de quotidiens firent leur apparition. The Gazette, à Montréal, fondée en 1778 par Fleury Mesplet, un éditeur arrivé ici avec les troupes de Benjamin Franklin et publiée tout d'abord en français, devint un quotidien de langue anglaise sous la présidence de P. D. Ross en 1855. C'est à cette époque que diverses modifications mécaniques virent le jour, notamment l'usage de pulpe de bois pour la création de papier-journal et les presses rotatives alimentées par l'électricité. La liberté de la presse devint encore plus grande et ses limites furent établies dans de nouveaux statuts.
Vingtième siècle
A l'orée du XXe siècle, les journaux canadiens vécurent d'importants changements. Deux guerres mondiales, une dépression et les années de développement industriel et technologique de l'après-guerre firent grimper le tirage des quotidiens francophones et anglophones à plus de 5,7 millions d'exemplaires en 1989 avant l'arrivée de la récession et l'avènement de nouvelles formes de diffusion de l'information qui concurrençait les journaux sur leur territoire auprès des lecteurs. Aujourd'hui, plus de 5,2 millions de Canadiens reçoivent un quotidien
Au début du siècle, entre 1901 et 1911, le Canada était le pays connaissant la plus grande croissance au monde. En 1900, le tirage de tous les journaux canadiens atteignait un total de 650 000 exemplaires. Onze ans plus tard, ce chiffre avait plus que doublé. En 1938, le nombre de journaux d'intérêt général atteignait son plus haut niveau, soit 138 pour descendre à 87 en 1945, remonter vers les années 1970 et atteindre 110 au milieu des années 80. Aujourd'hui, le Canada compte 105 quotidiens.
En 1917 les journaux canadiens s'associèrent pour former La Presse canadienne, une coopérative chargée d'aller chercher la nouvelle et de la diffuser d'un bout à l'autre du pays, d'un journal à l'autre. C'était la première fois que les lecteurs canadiens étaient en relation directe et immédiate avec l'actualité internationale par le biais du fil de presse.
Depuis les années 1960, de grands journaux ont fermé leurs portes, y compris The Telegram (Toronto); The Montreal Star (Montréal); le Ottawa Journal et le Winnipeg Tribune. De nouveaux quotidiens virent le jour par la même occasion à Toronto, Winnipeg, Calgary, Edmonton, Halifax, Ottawa, Montréal et Québec. Une tendance moderne et controversée fait que la plupart des journaux sont maintenant dans les mains de grandes chaînes, y compris Hollinger International, Thomson Corp., Sun Media Corp., Quebecor et Power Corporation.
En matière de liberté de la presse, la presse «libre» qu'exigeait Joseph Howe en 1835 est restée en place pour le bénéfice de la population canadienne. Le droit en matière de journaux a évolué pour toucher les questions de libelle, d'outrage au tribunal et de droits d'auteur. De plus, la Charte des droits et libertés, enchâssée dans la Constitution canadienne de 1981 garantit la liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression, y compris la liberté de la presse et des autres médias de communication.
Les journaux canadiens continuent à devoir relever des défis et à faire face à la concurrence, principalement dans leur rôle de diffuseurs de l'actualité dans cette ère de l'information. Bien que l'information soit maintenant disponible en plus grande quantité que jamais et sous des formes les plus diversifiées, les méthodes de traitement et de distribution de la nouvelle sont devenues plus englobantes et plus complexes. Mais les journaux suivent cette évolution en accomplissant leur tâche principale, celle de livrer aux lecteurs ce dont ils ont besoin et ce qu'ils veulent connaître et ce, d'une manière claire, utile et responsable.